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Enregistrement d’une marque européenne : attention à la mauvaise foi !

Juil 12, 2022 | Actu

Droit des marques : « bien mal acquis ne profite jamais »…

Une société achète du beurre irlandais à une entreprise puis le revend en Espagne, sous une marque comprenant des éléments faisant référence à l’origine irlandaise du produit.

Après la fin de cette relation commerciale, la société continue de vendre ses produits en Espagne sous la même marque, dont elle demande l’enregistrement, 3 ans plus tard, auprès de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO).

Mais l’entreprise avec laquelle elle était précédemment en contrat décide de demander l’annulation de cet enregistrement…

Selon elle, la société a demandé l’enregistrement de sa marque de mauvaise foi, puisque lors du dépôt de cette demande, le beurre qu’elle vendait ne provenait plus d’Irlande.

« Exact », confirme le juge, qui souligne que les consommateurs espagnols, habitués, pendant des décennies, à l’apposition de la marque en question sur du beurre provenant d’Irlande, pouvaient être induits en erreur quant à la provenance géographique des produits vendus par la société, dont certains ne provenaient pas d’Irlande.

En outre, à la date de demande d’enregistrement de la marque, l’usage de celle-ci pour des produits n’ayant pas d’origine irlandaise faisait d’ores et déjà l’objet de controverses quant à son caractère trompeur, ce que la société ne pouvait pas ignorer.

Enfin, dans cette affaire, la société a cherché, de mauvaise foi, à tirer profit de la bonne presse des produits provenant d’Irlande : à cette fin, elle a adopté une stratégie commerciale d’association avec les marques comprenant l’élément relatif à l’Irlande, qui étaient liées à son ancienne relation commerciale avec l’entreprise et ce, dans le but de tirer un bénéfice de cette relation terminée.

Pour toutes ces raisons, l’enregistrement de la marque de la société doit être considéré comme contraire aux usages honnêtes en matière industrielle et commerciale. Il doit donc être annulé…

Source : Arrêt du Tribunal T-306/20, Hijos de Moisés Rodríguez González, SA/EUIPO – Irlande y Ornua (La Irlandesa 1943)

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